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passionnée de photos, j'aime surtout photographier la nature et ses merveilles et j'ai envie de partager ces moments avec d'autres passionnés pour découvrir d'autres horizons.

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LES RENCONTRES DE CHAMINADOUR : JULIEN GRACQ

LES RENCONTRES DE CHAMINADOUR  : les ECRIVAINS DU MOI

HOMMAGE A JULIEN  GRACQ


  ces rencontres  ont lieu chaque année  à  GUERET (CREUSE)  :

  (fin septembre )


l'année dernière, l'invité en était PIERRE MICHON

et le thème : la fiction autobiographique.


VIES MINUSCULES

..


Trois récits de vies parmi les huit vies minuscules qui constituent le célèbre recueil de Pierre Michon : la Vie d'André Dufourneau, la Vie du père Foucault et la Vie de Georges Bandy. Trois récits de destins sans gloire et sans lumière, destins brisés par la luxure, la honte ou l'ambition. Ces Vies minuscules, ce sont celles d'un aïeul aventurier, d'un vieil homme illettré, d'un abbé trop sensuel ; des vies qui ont traversé celle du narrateur avec la fulgurance de la modestie et dessinent en filigrane son propre portrait.littéraires,








 cette année  accompagné  d'auteurs, d'universitaires  et de critique,

d'éditeurs et de comédiens


Pierre MICHON  a rendu  un  hommage à JULIEN GRACQ.

Autour de Pierre Michon, Hugues Bachelot réunit quelques-uns des plus fins connaisseurs de l'auteur du «Rivage des Syrtes»: des écrivains et des poètes ( Jean-Claude Pinson ), mais aussi des universitaires (comme Dominique Viart, Philippe Berthier, Michel Murat et Jean-Yves Debreuille), des éditeurs et des libraires (Hugues Pradier, directeur éditorial de la collection de la Pléiade), ou encore des gens de théâtre (parmi lesquels  Denis Podalydès).

Conférences, exposition, tables rondes et lectures sont au programme, pour célébrer et mieux connaître l'oeuvre de ce grand écrivain, disparu l'hiver dernier.


 


Julien Gracq est né le 27 juillet 1910 à St Florent-le-Vieil sur les bords de la Loire, entre Nantes et Angers, commune dans laquelle il se retirera, très éloigné des cercles littéraires et des parades mondaines, jusqu'à sa mort - le 22 décembre 2007.

Le pensionnat marque l'enfance de Julien Gracq. Il fréquente d'abord un lycée de Nantes, le célèbre lycée Henri IV à Paris puis l'École Normale Supérieure et l'École libre des Sciences Politiques. Agrégé d'histoire, Julien Gracq débute sa double activité en 1937. D'une part il entreprend son premier livre, Au château d'Argol, et de l'autre, il commence à enseigner, successivement aux lycées de Quimper, Nantes, Amiens, et se stabilise au lycée Claude-Bernard à Paris à partir de 1947, jusqu'à sa retraite en 1970. Signalons qu'il sera professeur sous son vrai nom, Louis Poirier, et écrivain sous le nom plus connu de Julien Gracq, qui construit continûment, après ce premier ouvrage, une œuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d'essayiste. Ainsi seront publiés, toujours chez le même éditeur,  JOSE CORTI, dix-huit livres.








1910 - Naissance de Louis Poirier le 27 juillet à Saint-Florent-le-Vieil dans le Maine-et-Loire, région des Mauges, dans la maison du grand-père paternel.

De 1921 à 1928 - Etudes au lycée Clémenceau de Nantes, où il est interne. Vacances à Pornichet. Il découvre et lit avec passion Jules Verne, Edgar Poe et Stendhal. En 1925, à Saint-Nazaire il assiste au lancement du bateau L'Ile-de-France, dont "l'appareillage" le marquera durablement, et dont il s'explique dans Préférences.

1928 - Il est à Paris, étudiant en Lettres Supérieures au lycée Henri IV. Il a Alain comme professeur. A l'Opéra de Paris, il a la révélation de Wagner, dont le Parsifal sera déterminant pour son intérêt au cycle de la Table Ronde et à la quête du Graal.

1930 - Il fait des études de géographie à Normale Supérieure, et suit parallèlement des cours de l'Ecole Libre des Sciences Politiques dont il sera diplômé en 1933.

1931 - Révélation et engouement pour la Bretagne, par l'entremise de Henri Queffélec. Sur un horaire d'autocars, il découvre le nom d'Argol, qu'il n'oubliera pas.

1932 - Révélation du surréalisme, par la lecture de Nadja d'André Breton.

1933- Il se rend en Cornouailles où il visite les sites des romans arthuriens.

1935 - Après une agrégation d'histoire et la fin de son service militaire, il est nommé professeur à Nantes, au lycée Clémenceau où il était élève.

1937 - Il est professeur à Quimper. Il écrit son premier roman, Au château d'Argol, refusé chez Gallimard.

1938 -Gracq publie à compte d'auteur sous le nom de Julien Gracq - chez José Corti, son roman Au château d'Argol. L'ouvrage passe inaperçu et les ventes se totalisent à 150 exemplaires. Mais quelques esprits et non des moindres sont de ses rares lecteurs. Outre Edmond Jaloux et Thierry Maulnier, ...André Breton lui-même à qui Gracq a adressé l'ouvrage.

1939 - Gracq rencontre André Breton, à Nantes, Hôtel de la Vendée. Puis, mobilisation générale, il est affecté dans l'infanterie à Quimper, puis en Lorraine, à Dunkerque et différents villages du Boulonnais et de la Flandre.


1941 - Après avoir été fait prisonnier en juin 40, envoyé dans un stalag en Silésie, être tombé malade et rapatrié sur Marseille, Gracq est professeur à Amiens puis à Angers.

1943 - Il découvre avec passion Sur les falaises de marbre de Jünger, grand roman "emblématique" qui ne sera pas sans répercussion sur son œuvre. Il rencontrera Jünger après la guerre, à qui il enverra Au château d'Argol, et le voit, depuis, régulièrement.

1945 - Gracq publie Un beau ténébreux, son deuxième roman.

1947 - Il enseigne au lycée Claude Bernard à Paris, et y restera jusqu'à sa retraite en 1970. Il publie Liberté grande, un recueil de divers textes "surréalistes", auxquels s'adjoindront, en 1958, La terre habitable et La sieste en Flandre hollandaise. Hollande qu'il parcourt amplement l'année suivante.

1948 - Gracq publie André Breton, quelques aspects de l'écrivain, son premier essai.

1949 - Il crée sa pièce Le Roi Pêcheur, jouissant d'une aide financière à la première pièce, sous le patronage du Ministère de l'Education Nationale. La mise en scène est de Marcel Herrand dans des décors et costumes de Léonor Fini. Jean-Pierre Mocky incarne Perceval et Maria Casarès Kundry. Le "comportement" du milieu de la presse et de l'édition rend furieux Julien Gracq qui s'en "souviendra" pour La Littérature à l'estomac.

1950 - Gracq publie dans la revue Empédocle son pamphlet La Littérature à l'estomac, violente condamnation des mœurs mercantiles et mondaines de l'édition.

1951 - Après un voyage au Danemark, et notamment à Elseneur, site shakespearien, Gracq publie son troisième roman, Le Rivage des Syrtes. Il se voit décerner le prix Goncourt - qu'il refuse, premier écrivain à le faire. Fidèle à son éditeur, il demeure aux éditions José Corti.

1952 - Il écrit dans la revue Arts qui l'y invite, sur Alfred Jarry et sa révélation chrétienne.

1954 - A la demande de Jean-Louis Barrault, il écrit une traduction de Penthésilée de Kleist.

1955 - Gracq entreprend un roman, qu'il n'achèvera pas et dont restera le texte La Route, publié dans La presqu'île en 1970.

1958 - Gracq publie Un balcon en forêt.

1959 - A Monte-Carlo, un opéra est créé par Luciano Chailly à partir du Rivage des Syrtes

1961 - Gracq publie Préférences, un recueil de textes de critique, où est repris La Littérature à l'estomac et où figure l'interview radiophonique Les yeux ouverts.


1967 et 1974 - Il publie Lettrines puis Lettrines 2, recueils de textes de critique et d'humeur.

1970 - Gracq publie La Presqu'île, recueil de trois textes romanesques : La Route, La presqu'île, le Roi Cophétua.

1976 - Gracq publie Les Eaux étroites, et commence à jouir d'un très vaste lectorat "de fond" pour toute son œuvre, y compris à l'étranger.

1981 - Publication de En lisant en écrivant, recueil de textes critiques.

1985 - Publication de La Forme d'une ville. Chez Gallimard, le projet de l'œuvre complète de Julien Gracq, en deux volumes, en Pléiade est en cours.

1988 - Publication de Autour des sept collines, promenades dans Rome d'un voyageur déçu, critiques assez vives de la presse.

1989 - Julien Gracq est l'un des rares écrivains publié de son vivant dans la Pléiade.

1992 - Publication de Carnets du grand chemin.


Julien Gracq est décédé à Angers le 22 décembre 2007, à l'âge de 97 ans.


Au château d'Argol, 1938
Un beau ténébreux, 1945
Liberté grande, 1947
Le Roi pêcheur, 1948
André Breton, quelques aspects de l'écrivain, 1948
Le Rivage des Syrtes, 1951
Prose pour l'Etrangère, 1952, 36 pages, 63 exemplaires, HC
Penthésilée, 1954
Un balcon en forêt, 1958
Préférences, 1961
Lettrines, 1967
La Presqu'île, 1970
Lettrines II, 1974
Les Eaux Etroites, 1976
En lisant en écrivant, 1980
La Forme d'une ville, 1985
Autour des sept collines, 1988
Carnets du grand chemin, 1992
Entretiens, 2002


CARNETS  DU GRAND CHEMIN

On retrouvera tout ce qui fait le prix de l'écriture de l'auteur du Rivage des Syrtes : une majesté singulière et onirique à la précision parfaite. Au terme de ces promenades, on en sera convaincu : Julien Gracq est un immense écrivain parce qu'il n'a jamais cessé d'être un grand voyageur.


Inlassable marcheur autant que fin observateur de la vie secrète du monde, des paysages et de la littérature, Julien Gracq, dans ses Carnets du grand chemin, distille pour le plus grand bonheur de ses admirateurs des notes de voyages et de lectures empreintes de poésie, d'humour et surtout de nostalgie.

Celle d'un homme qui a connu plusieurs mondes, qui en a vu disparaître certains, et qui s'efforce, par la magie de la création littéraire, d'en prolonger l'existence le temps de courts textes dans lesquels on retrouvera tout ce qui fait le prix de l'écriture de l'auteur du Rivage des Syrtes : une majesté singulière et onirique à la précision parfaite. Au terme de ces promenades, on en sera convaincu : Julien Gracq est un immense écrivain parce qu'il n'a jamais cessé d'être un grand voyageur.


Mot de l'éditeur sur "Carnets du grand chemin" de Julien Gracq

" Le grand chemin auquel se réfèrent les notes qui forment ce livre est, bien sûr, celui qui traverse et relie les paysages de la terre. Il est aussi, quelquefois, celui du rêve, et souvent celui de la mémoire, la mienne et aussi la mémoire collective, parfois la plus lointaine : l'histoire, et par là il est aussi celui de la lecture et de l'art. La "secondarité" est dans mon caractère ; partagé entre l'anticipation et le souvenir, il me semble ne m'être pratiquement jamais absenté d'un univers à quatre dimensions. J'ai essayé dans ce recueil, à l'inverse de ce que j'avais fait dans Lettrines, de grouper des notes essentiellement disparates par familles, pour communiquer quelque ordre à leur lecture. Si le résultat n'en est pas tout à fait probant, je m'en console, en me persuadant que le tout se reflète un peu dans chacun des fragments qui le composent, et que ces notes ne s'arrangent qu'assez mal de compartiments. " Julien Gracq

 

LES ENTRETIENS



Dix ans après la parution des Carnets du grand chemin, ce recueil d'entretiens avec Julien Gracq constitue un événement pour tous ceux qui, au fil des ans, ont suivi cet écrivain, un des rares contemporains accueillis par la Pléiade.

Ces entretiens s'échelonnent sur plus de 30 ans puisque le premier avec J.L. de Rambures date de 1970 et le dernier, avec Bernhild Boie de 2001.



La variété des interlocuteurs comme celle des questions aboutit à un ensemble cohérent et complet - sinon exhaustif - où Julien Gracq s'exprime sur les sujets les plus divers :

- réflexions sur ses méthodes de travail, les processus comme sa conception de l'écriture, des personnages, du récit, du temps romanesque, de la littérature ;

- mises au point sur ses lectures, les influences d'autres écrivains, le rôle de sa formation de géographe et d'historien dans son travail d'écrivain, sa façon d'écrire, son esthétique, sa rencontre avec André Breton et le surréalisme ;

- confirmations de ses « préférences » en matière littéraire, musicale, cinématographique, remarques sur sa formation personnelle et sur certains des grands événements du siècle comme sur les paysages, l'histoire, la politique, le rôle de la critique.


Que Julien Gracq se soit très rarement prêté au jeu de l'interview rend ce choix d'autant plus marquant, d'autant plus significatif.




LES LETTRINES


Avec Lettrines, si Julien Gracq inaugure un style d'écriture qui échappe à une définition classique, il ne paraît pas exagéré de penser qu'il renouvelle une forme d'expression originale - appréciée de certains romantiques allemands - que d'autres écrivains vont emprunter après lui. Littérature en fragment, aphoristique, c' est "un ensemble très libre, une mosaïque de notes de lecture, de réflexions, de souvenirs", dira-t-il dans une interview. Très éloignée de ce que peut être l'écriture du diariste - pas d'introspection ni d'extrait d'œuvre en cours ou à venir -, les Lettrines proviennent de cahiers tenus au jour le jour.

 

 

 AU CHATEAU D'ARGOL

 

Au château d'Argol est le premier roman de Julien Gracq, le premier roman surréaliste tel qu'André Breton le rêvait. Les sens irrigués par les lieux et les espaces sont l'image la plus exacte des relations entre les êtres, Albert le maître d'Argol, Herminien son ami, son complice, son ange noir, et Heide, la femme, le corps. Tout autour, sombre, impénétrable, la forêt. Tout près, l'océan.


"La ligne du récit est extrêmement simple. Son sujet ne se résume ni par une intrigue, ni par une acion mais par une situation : deux hommes et une femme que le "drame de la fascination" réunit et retient dans un château isolé. Le roman commence par un voyage et donc par une rupture. Il s'établit dans une demeure perdue, coupée du monde : le manoir d'Argol, et dans un espace temporel en marge : les vacances.


 

UN BALCON EN FORET

1939, ce sont les premiers mois de ce que l'on appellera la drôle de guerre. Période de suspens, d'attente particulièrement dans les Ardennes où l'aspirant Grange a pour mission d'arrêter les blindés allemands si une attaque se produisait. A la fois île déserte et avant-poste sur le front de la Meuse où montent des signes inquiétants.


Dans la solitude du Balcon en forêt, un chemin s'offre à Grange comme un appel obsédant (...) suspendu sur une absence sans fond. Vide de la perspective, qui bouleverse les perceptions ; où la réalité perd son attache, s'abîm(e), sourd(e) et aveugle. Chaque chose se fait signe et stupeur : calme absolu, silence, froid (...), une sorte de promesse comme un œil entrouvert, une fenêtre toute seule en face d'une route par où quelque chose doit arriver.
(Christian Hubin, Parlant seul, p. 23)

 

LE RIVAGE DES SYRTES


Aldo, à la suite d'un chagrin d'amour, demande une affectation lointaine au gouvernement d'Orsenna. S'ensuit alors la marche à l'abîme des deux ennemis imaginaires et héréditaires. Les pays comme les civilisations sont mortels. C'est à ce fascinant spectacle que Julien Gracq nous convie ici. Cette insolite histoire de suicide collectif laisse une subtile et tenace impression de trouble.


"Ce que j'ai cherché à faire, entre autres choses, dans Le Rivage des Syrtes, plutôt qu'à raconter une histoire intemporelle, c'est à libérer par distillation un élément volatil "l'esprit-de-l'Histoire", au sens où on parle d'esprit-devin, et à le raffiner suffisamment pour qu'il pût s'enflammer au contact de l'imagination. Il y a dans l'Histoire un sortilège embusqué, un élément qui, quoique mêlé à une masse considérable d'excipient inerte, a la vertu de griser. Il n'est pas question, bien sûr, de l'isoler de son support. Mais les tableaux et les récits du passé en recèlent une teneur extrêmement inégale, et, tout comme on concentre certains minerais, il n'est pas interdit à la fiction de parvenir à l'augmenter.

Quand l'Histoire bande ses ressorts, comme elle fit, pratiquement sans un moment de répit, de 1929 à 1939, elle dispose sur l'ouïe intérieure de la même agressivité monitrice qu'a sur l'oreille, au bord de la mer, la marée montante dont je distingue si bien la nuit à Sion, du fond de mon lit, et en l'absence de toute notion d'heure, la rumeur spécifique d'alarme, pareille au léger bourdonnement de la fièvre qui s'installe. L'anglais dit qu'elle est alors on the move. C'est cette remise en route de l'Histoire, aussi imperceptible, aussi saisissante dans ses commencements que le premier tressaillement d'une coque qui glisse à la mer, qui m'occupait l'esprit quand j'ai projeté le livre. J'aurais voulu qu'il ait la majesté paresseuse du premier grondement lointain de l'orage, qui n'a aucun besoin de hausser le ton pour s'imposer, préparé qu' il est par une longue torpeur imperçue."


(Julien Gracq, En lisant en écrivant, p.216)

 



LA LITTERATURE A l'ESTOMAC

Texte célèbre datant de 1949, publié d'abord dans la revue Empédocle, La littérature à l'estomac demeure plus que jamais, cinquante ans après sa sortie, d'actualité.
Ce qui énervait Julien Gracq dans le milieu littéraire, tant celui des critiques que de certains écrivains, n'a fait que prendre, depuis, une plus grande ampleur car ce qui fait aujourd'hui d'abord un livre, c'est le bruit : pas celui d'une rumeur essentielle qui sourdrait de l'œuvre elle-même mais celui des messages accompagnant sa sortie. L'inextinguible besoin de "nouveau" et la vitesse se sont ligués contre lui.


La première chose dont la critique s'informe à propos d'un écrivain, ce sont ses sources. Hélas ! (mais cette vérité navrante, il ne faut la glisser qu'à l'oreille), voici qui lui complique la vie: l'écrivain n'est pas sérieux. Le coq-à-l'âne, en matière d'inspiration, est la moindre de ses incartades. J'en donnerai un exemple personnel. Quand je fis jouer une pièce, il y a une quinzaine d'années, la suffisance des aristarques de service dans l'éreintement (je ne me pique pas d'impartialité) me donna quelque peu sur les nerfs, mais, comme il eût été ridicule de m'en prendre à mes juges, une envie de volée de bois vert me resta dans les poignets.

Quelques semaines après, je me saisis un beau jour de ma plume, et il en coula tout d'un trait La Littérature à l'estomac. MM. Jean-Jacques Gautier et Robert Kemp, - faisant de moi très involontairement leur obligé - m'avaient fourni le punch qui me manquait pour tomber à bras raccourcis sur les prix littéraires et la foire de Saint-Germain, qui n'en pouvaient mais - cas classique du passant ahuri, longeant une bagarre, qui se retrouve à la pharmacie pour crime de proximité.

Julien Gracq, Lettrines, p. 33 et suivante.


UN BEAU TENEBREUX


Un beau ténébreux est un roman des astres et de la catastrophe, c'est-à-dire du destin sur fond de vacances et de dérive du temps ; vacuité des personnages en attente, dans un théâtre vide. L'arrivée d'Allan va déclencher un maelström où tous les personnages vont perdre la tête. Allan est venu sceller le destin. Tout dorénavant se déplacera par rapport à lui. (Revue 303)

Comme Au château d'Argol, le second livre de Gracq sera l'histoire d'une fascination, comme lui et de façon plus insistante encore il sera marqué du sceau des affinités électives. L'identité sociale et psychologique des personnages s'efface devant la réalité de leur désir et de leur tentation. Mais depuis Argol la mise en scène de leur drame s'est singulièrement enrichie et compliquée. La théâtralité de l'action s'accentue, le nombre des acteurs s'accroît, les rôles se diversifient. [...] Au discours de la passion viennent s'entrelacer le discours du doute et celui de la contestation.
Bernhild Boie.





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F
Oui les rencontres de CHAMINADOUR ont lieu chaque année à GUERET dans la CREUSE.
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M
Chaminadour......en Creuse???
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