passionnée de photos, j'aime surtout photographier la nature et ses merveilles et j'ai envie de partager ces moments avec d'autres passionnés pour découvrir d'autres horizons.

La revue de presse
Clémence Boulouque - Le Figaro du 2 novembre 2006
La littérature n'est surtout pas sommée de donner des certitudes et c'est tant mieux. Mais dès les premières pages de Train de nuit pour Lisbonne, une petite voix s'entête et grandit au fil des pages, une voix qui répète que cet épais volume est un très grand roman. Un roman venu d'un autre âge, celui des humanités, juste avant que l'ironie ou l'indifférence ne sape l'amour de la connaissance...
S'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une seule partie de ce qui est en nous, qu'advient-il du reste ?» Cette question, parmi tant d'autres, est portée par une écriture venue de loin, classique et ample, apaisante pour mieux dire les dévorations face aux questionnements d'une vie et aux réponses à y apporter. Celles qui peuvent se trouver dans l'amour et les livres. Et qui sont sans doute écrits de la même encre, celle des silences, des langues à apprendre, des rencontres presque manquées, et des départs à oser.
Claire Devarrieux - Libération du 28 septembre 2006
Il s'appelle Gregorius, un vrai beau nom de héros. En entier, il est Raimund Gregorius, professeur au lycée de Berne. Ceux qui disent le Papyrus en parlant de lui ne l'aiment pas. Les autres le surnomment Mundus. Le grec, le latin, l'hébreu sont les langues de sa vie. Il a 57 ans, un parcours rectiligne. Un matin, en plein cours, il se lève pour ne plus revenir. Où va-t-il ? Le titre du roman le dit : Train de nuit pour Lisbonne...
Train de nuit pour Lisbonne raconte comment un homme se réconcilie avec lui-même en élucidant l'existence d'un autre. Comment le fils unique d'un modeste foyer suisse se met à la place d'un rejeton de la vieille noblesse lisboète. Comment Gregorius se reconstruit à travers le style de Prado. Lequel estimait que la connaissance d'autrui était aussi illusoire que l'assurance d'être soi. Le texte de Prado apparaît en italiques. Ce sont des notes, des fragments plus ou moins longs que Gregorius déchiffre bientôt avec aisance...
Pour Prado, seules comptent la poésie et la pensée, l'imagination et l'intimité que procure le secret partagé. Il met la loyauté au-dessus de tout sentiment. Il réfléchit à notre passage sur terre. Il dit que les «moments décisifs» sont quasi invisibles...
Patrick Kéchichian - Le Monde du 8 septembre 2006
Avant qu'elles ne soient dûment formulées, certaines questions essentielles regardant le sens de notre existence semblent flotter au-dessus de la conscience. On les devine, mais on ne peut les saisir, les poser. C'est comme si les mots et les phrases se refusaient à traduire ces interrogations confuses. De ces pensées ou sentiments informes, poètes et philosophes font leur bien, leur tâche. Une fois la traduction faite, l'évidence et le caractère central de ces questions apparaissent. Mais toujours, c'est une autre voix qui nous les fait entendre, fût-elle intérieure.
[...] Le roman de Pascal Mercier - c'est l'étrange pseudonyme français que s'est choisi cet écrivain suisse, né à Berne en 1944 et qui enseigne la philosophie à Berlin - est le récit impressionnant et minutieusement orchestré de la quête de Gregorius. Une quête d'âme plus que d'identité. Grave et beau livre d'initiation à la vie intérieure comme à celle du monde et de l'histoire, Train de nuit pour Lisbonne progresse au rythme d'une interrogation toujours reprise, approfondie, jamais refermée sur elle-même. La confrontation des deux personnages, Gregorius, le vivant, et Prado, le mort, homme d'esprit et d'exception, "orfèvre" du langage, est comme une chambre d'écho. Là, dans cette "fin de terre" qu'est le Portugal, résonne la culture de la vieille Europe. Une culture dont la vocation n'est assurément pas de nous assurer ou de nous rassurer... "Et voilà pourquoi un homme, quand il lui manque un mot en face de trois cent mille livres est pris de vertige."
Gilles Heuré - Télérama du 26 août 2006
... L'évidence de l'amour, la dignité des sentiments, les illusions de l'esprit, la force de l'imagination, le refus des rhétoriques simplistes sont les thèmes qui jalonnent le livre mystérieux de Prado, l'homme disparu que Gregorius poursuit sans relâche...
Train de nuit pour Lisbonne, premier roman traduit du Suisse germanophone Pascal Mercier, professeur de philosophie à Berlin, est mieux qu'une magnifique et bouleversante histoire. Il interroge aussi la littérature : que disent ou taisent les écrits de notre vie, que traduisent-ils du vertige de l'amour, qu'expriment-ils des sentiments complexes qui poussent un homme à rechercher la poésie de chaque jour et, au bout du compte, à ne jamais totalement disparaître ?
‘Il y avait ceux qui lisaient et il y avait les autres. On remarquait vite si quelqu'un était lecteur ou non. Il n'y avait pas de plus grande différence entre les hommes. Les gens s'étonnaient quand il affirmait cela, et plus d'un hochait la tête devant tant de bizarrerie. Mais c'était ainsi. Gregorius le savait. Il le savait.'

Né en 1944 dans une famille de la petite bourgeoisie de la banlieue de Berne, Peter Bieri, de son vrai nom, grandit dans un environnement réglé comme une horloge suisse. A l'école il apprend le grec, le latin et l'hébreu, ainsi que le sanskrit et le mysticisme tibétain. Ensuite, il étudie la philosophie, l'anglais et l'indologie à l'université de Londres et de Heidelberg, où, après son diplôme en 1971, il travaille comme assistant scientifique dans le département de philosophie, concentrant sa recherche sur la psychologie philosophique, la théorie de la connaissance et la philosophie morale. I
l enseigne ensuite à Berkeley et Harvard et, depuis 1993, enseigne la philosophie à l'université libre de Berlin et publie ses livres de philosophie - dont le plus connu 'Das Handwerk der Freiheit' est publié en 2001 - sous le nom de Peter Bieri. En 1995, il publie son premier roman, 'Perlmanns Schweigen', sous le pseudonyme de Pascal Mercier, dont il se sert aussi pour 'Der Klavierstimmer' (1998). Les deux livres seront comparés à ceux de Max Frisch et Thomas Mann. En 2006 sort 'Train de nuit pour Lisbonne' - 'Nachtzug nach Lissabon', 2004 - le premier roman de Pascal Mercier traduit en français.